CRISE FONCIÈRE : AFFAIRE ATSUET- NGONG CONTRE EPA
Depuis des décennies, les populations de Bafou- Nord (Ndziih), groupement Bafou , arrondissement de Nkong-ni, département de la Menoua, région de l’Ouest traversent de moments difficiles notamment la pauvreté, la souffrance et la misère.
Les populations de cette localité vivent essentiellement des activités agro-pastorales se plaignent des abus, des violences, des menaces, des intimidations de la part de EPA( Élèvage Promotion Afrique).

Aux dires de ces populations, elles exploitaient paisiblement ces terres estimées à des centaines hectares depuis des millénaires qui seront par la suite arrachées, puis exploitées à des fins privées sans aucun mémorandum entre les deux parties encore moins la présentation d’un document d’obtention d’un titre de concession délivré par l’autorité compétente.
Beaucoup de victimes parlent de leurs cultures et maisons détruites, des eucalyptus pillés,des bêtes disparues dans des pâturages du fait de l’invasion de cette entreprise. C’est ainsi qu’elles expriment leur revendication via ce message d’alerte fort évocateur : Non à la spoliation de nos terres et OUI à la justice foncière communautaire.
Comme cela ne suffisait pas, venant toujours de ces communautés victimes, cette entreprise met désormais en location la majeure partie de ces terres à des particuliers pour se faire de l’argent. Cet acte traduit en effet une sorte de complicité et même de trahison de la part de ces locataires au détriment de l’intérêt général. Vers fin février 2024, le collectif de chefs traditionnels représentant les communautés locales Ndziih ont adressé aux autorités compétentes une lettre d’opposition à la demande d’une concession de EPA de ce site.
Sous instruction de la hiérarchie, la délégation du Ministère des Domaines,du Cadastre et des Affaires Foncières a effectué une descente sur le terrain ce mardi 10 décembre 2024 en vue de mieux s’imprégner de cette affaire. Au cours de cette échéance, les deux parties ont été soumises à l’interrogatoire et les notes prises seront transmises à qui de droit pour examen et résolutions finales.
Et pour y parvenir, certains éléments de preuves juridiques complémentaires sont attendus au Ministère de tutelle. Et du côté des requérants, on annonce une mobilisation documentaire susceptible de répondre aux attentes.Cependant, la partie accusée declare avoir été installée sur ses terres par l’État du Cameroun.
Le cabinet conseil par le biais des avocats des plaignants attend tout seulement que l’État annule purement et simplement cette demande de concession pour le respect des droits coutumiers fonciers communautaires et par ricochet faire renaître le climat de paix et de développement socioéconomique dans cette partie du pays comme par le passé notamment avant l’arrivée de cette société EPA.
Il estime que cette entreprise évolue dans l’illégalité l’illégitimité totales. Par ailleurs, il s’interroge : parlant de l’État de droit, « comment une entreprise peut- elle s’implanter dans une zone et exploiter des terres sans titre foncier, ni immatriculation au nom du domaine privé de l’État depuis plus d’une vingtaine d’années sans document authentique…et demande en même temps une concession ? » La suite nous dira mieux, question de temps.